Trois dirigeants expatriés de la société australienne Resolute Mining, propriétaire d’une mine d’or au Mali, ont été placés en détention pour interrogatoire.
Terry Holohan, directeur général de la société minière australienne Resolute Mining Ltd., a été arrêté par la junte au pouvoir au Mali , ont déclaré à Bloomberg des sources proches du dossier.
Holohan et plusieurs autres cadres de la société ont été interpellés vendredi 8 novembre à Bamako, selon plusieurs sources qui ont requis l’anonymat, n’étant pas autorisées à s’exprimer publiquement.
Basée à Perth, en Australie, Resolute Mining a refusé de commenter l’information. Un représentant du ministère malien des Mines a également refusé de répondre aux questions par téléphone. L’information a été rapportée en premier par l’AFP.
Ils sont interrogés sur des soupçons de fausses preuves et de détournement de biens publics, a déclaré un dirigeant de Resolute sous couvert d’anonymat.
Il a nié les allégations mais a déclaré que les tentatives pour convaincre les enquêteurs avaient échoué jusqu’à présent.
Resolute détient 80 pour cent d’une filiale qui possède la mine de Syama, au nord-ouest du pays, l’État malien contrôlant les 20 pour cent restants, selon le site Internet de l’entreprise.
Resolute possède également un site de production d’or à Mako, au Sénégal voisin, et mène d’autres opérations d’exploration au Mali, au Sénégal et en Guinée.
Une répartition équitable ?
Depuis leur prise de pouvoir, les dirigeants maliens se sont engagés à assurer une répartition plus équitable des revenus miniers.
Bien qu’il soit l’un des principaux producteurs d’or d’Afrique, le pays du Sahel est également l’un des pays les plus pauvres du monde.
Le Mali est en proie à une crise politique, sécuritaire et économique et lutte depuis 2012 contre les groupes armés Al-Qaïda et État islamique, ainsi que contre une insurrection séparatiste dans le nord.
L’or contribue à un quart du budget national et aux trois quarts des recettes d’exportation.
Les entreprises étrangères, qui dominent le secteur minier, sont récemment confrontées à un contrôle plus strict de la part de la junte.
Quatre employés de la société minière canadienne Barrick Gold au Mali ont été détenus pendant plusieurs jours en septembre avant d’être libérés.
Barrick Gold a déclaré avoir conclu un accord avec l’État et payé 50 milliards de francs CFA (81 millions de dollars) en octobre.
Mais le gouvernement a déclaré fin octobre que Barrick Gold n’avait pas honoré ses engagements et a menacé de poursuivre l’entreprise.
Après le coup d’État de 2021, Bamako a rompu ses relations avec l’ancienne puissance coloniale française, qui aidait à combattre les insurgés djihadistes dans le nord, et s’est tourné vers la Russie pour obtenir une assistance politique et militaire.


