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Diplomatie : Donald Trump exige des explications de la part du président Sud Africain Cyril Ramaphosa sur le sort des Afrikaners

La Rédaction by La Rédaction
mai 23, 2025
in Dossiers Rouges
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Diplomatie : Donald Trump exige des explications de la part du président Sud Africain Cyril Ramaphosa sur le sort des Afrikaners

La visite en question s’apparente à une manœuvre diplomatique de haute voltige. Ce mercredi 21 mai 2025, Cyril Ramaphosa se trouve à la Maison-Blanche pour un tête-à-tête tendu avec Donald Trump. Depuis son retour à la présidence des États-Unis, en janvier, l’occupant du Bureau ovale a ciblé l’Afrique du Sud comme l’une de ses cibles privilégiées, alimentant une série de tensions explosives avec Pretoria : sanctions, expulsions diplomatiques, dénonciation d’un supposé « génocide blanc », menaces économiques, etc. Cette relation bilatérale, cruciale pour Pretoria, vacille.

Le président sud-africain, qui a entamé lundi une tournée de quatre jours aux États-Unis, espère revitaliser une connexion stratégique mise à mal. Il souhaite obtenir un allègement de la politique américaine, que ce soit sur le plan économique, diplomatique ou idéologique. En effet, Washington conserve sa place de deuxième partenaire commercial de Pretoria après Pékin. La menace d’une taxe de 31 % sur les importations sud-africaines, actuellement en suspens, pèserait lourdement sur l’emploi local.

« Que cela nous plaise ou non, nous sommes liés aux États-Unis. Nous devons dialoguer avec eux », a affirmé Ramaphosa à la télévision publique sud-africaine avant son départ. Pour tenter d’inverser la tendance, Ramaphosa mise sur ses talents de négociateur, forgés durant les pourparlers qui mirent fin à l’apartheid dans les années 1990. Il compte également sur son image d’homme d’affaires prospère, apte à parler le même langage que Trump. À l’ordre du jour : la possibilité d’un accord commercial élargi, la levée de certains obstacles tarifaires et des propositions ciblées aux entreprises américaines les plus prisées par l’ancien président, notamment Tesla et Starlink, deux sociétés d’Elon Musk – Sud-Africain de naissance – qui a récemment accusé Ramaphosa d’hostilité envers les Blancs.

Cependant, sur ce sujet, les positions sont bien définies. Trump exige que les entreprises américaines soient exemptées des règles sud-africaines de « Black Economic Empowerment », qui imposent un minimum de 30 % de participation de groupes historiquement défavorisés – une politique centrale du parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid. Un recul du gouvernement sur ce point semble improbable à court terme.

Cyril Ramaphosa avance également avec un objectif précis : préserver l’AGOA, cet accord commercial qui offre un accès préférentiel au marché américain. « Protéger les emplois, accroître l’économie et élargir les opportunités » : tel est le mot d’ordre du gouvernement, déterminé à défendre ses intérêts, quitte à affronter les obsessions idéologiques de Trump.

Tout a commencé avec une loi controversée, promulguée le 23 janvier par Ramaphosa, autorisant la saisie de terres agricoles appartenant à la minorité blanche, qui ne représente que 7 % de la population mais détient plus de 70 % des terres. Une réforme hautement symbolique, dans la continuité de l’ANC. Elle a été immédiatement dénoncée par Elon Musk, Sud-Africain d’origine et soutien affiché de Trump, qui a évoqué sur X une « persécution raciale ».

Dans la foulée, l’ambassadeur sud-africain aux États-Unis, Ebrahim Rasool, a été expulsé. Puis Washington a accordé le statut de réfugié à 49 premiers Afrikaners, arrivés le 12 mai sur le sol américain via l’aéroport de Dulles. Un geste symbolique fort. Selon une enquête du New York Times, plus de 8 000 familles afrikaners auraient sollicité l’asile aux États-Unis. Une comparaison avec les pieds-noirs d’Algérie a même été évoquée, jugée « outrancière » à Pretoria. Toutefois, la rhétorique trumpienne, saturée d’enjeux identitaires, confère à cette affaire une portée politique inédite.

La Rédaction

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